Pierre Jacquet transforme sa maison grâce à une source. - Cliquer sur l’image pour agrandir

Histoire de l'hôtel

Dans un monde où tout est factice, préfabriqué, composé, il est bon quelquefois de reprendre contact avec la nature. Encore faut-il que cette « nature » soit facilement accessible, tout en demeurant étrangère et hostile à la mécanisation et au bruit. Le hameau de la Balme, commune de Saint Jean de Chevelu, est un de ces hauts lieux privilégiés.


Il ne le fut pas toujours : jusqu’en 1954, il était enclavé et, seul, un sentier muletier le desservait. Une route (une vraie) fut tracée depuis, joignant Saint Jean de Chevelu au Col du Chat. Elle permet aujourd’hui, d’accéder à ce « bout du monde », niché dans la verdure, sous la Dent du Chat, à 620 mètres d’altitude.


A quelques dizaines de mètres du hameau, un magnifique belvédère, sur un éperon rocheux, permet de jour d’un point de vue unique dans la région : toute la vallée du Rhône apparaît, de Pierre-Châtel à Culoz. Mais le village est aussi le point de départ de promenades et d’excursions agréables et signalisées. Il ne faut qu’une heure et demie de marche pour atteindre le pied du rocher de la Dent du Chat, par le sentier du Grand-Bachat, et deux heures par le sentier du Touring-Club de France.


Parmi les habitants de ce hameau qui fut déshérité, un homme ingénieux et entreprenant s’était signalé : Monsieur Pierre Jacquet. Entouré de sa vieille maman âgée alors de 83 ans, de sa femme et de ses cinq enfants, la vie n’était pas toujours facile. La famille vivait de l’exploitation de sa propriété agricole. L’eau ne coulait pas sur l’évier et l’éclairage faisait défaut. Monsieur Pierre Jacquet capta une source qui sourd au flanc de la montagne. « Cette source, dit-il, est le centre de notre vie. C’est grâce à elle que nous avons vécu jusqu’ici et c’est elle qui nous procure tout le confort que nous avons.  » En se dirigeant dans un angle de la pièce, il tourna une petite roue. L’ampoule électrique s’éclaira. Monsieur Pierre Jacquet expliqua : « Cette roue est un interrupteur. Elle a pour fonction d’ouvrir la vanne de la source alimentant le groupe turbo-dynamo qui, depuis 1934, produit « notre  » électricité « .

Secondé par ses enfants, Monsieur Jacquet a réalisé d’autres projets. Il n’a certes pas abandonné la terre. Tout au contraire, il a modernisé son exploitation comme son matériel agricole. Mais, avec beaucoup de goût et de peine et l’aide de ses enfants, il a également transformé en auberge sa maison ancestrale, vieille de 3 siècles.
En reconnaissance de ce qu’il doit à l’eau jaillissant de la montagne, il l’a baptisée « l’auberge de la Source « . Certes, il ne prétendait pas que son établissement soit frappé « d’étoiles », mais les touristes qui désiraient se reposer y trouvaient un cadre agréable et pouvaient se restaurer en dégustant le pain de campagne, la charcuterie et les fromages « maison ». Infatigable, Monsieur Jacquet envisageait d’augmenter le nombre des chambres de son auberge. Il pensait que ce serait, pour ceux qui aiment le calme et la douceur de la vie champêtre, dans un site agréable, un moyen supplémentaire d’en jouir pleinement en prolongeant leur séjour. Désormais, l’hôtel restaurant La Source est tenu par un des petits-fils de Pierre Jacquet, Eric Jacquet et sa femme.

Elle règle la vie de la contrée, écrivait Charles DULLIN, donne l’heure, annonce les orages, tantôt s’approche, s’éloigne, vivante et mystérieuse.

La légende de la Dent du Chat

On l’appelle la Dent du Chat.

Elle a fait naître des légendes dont certaines se sont partagées à travers les siècles. L’une d’elle met en scène un chat bizarre « pêché » dans le lac du Bourget. Il se mit à grossir, à grandir jusqu’à atteindre la taille d’une panthère. Le chat rodait, invisible autour du lac. 

Des enfants, des femmes et des hommes disparurent, répandant la terreur dans la région.
Le chat s’instaura gardien du col, il ne laissait franchir la montagne qu’à dix-neuf personnes et dévorait la vingtième. Vinrent à passer le roi Arthur et ses vaillants chevaliers, les habitants demandèrent leur aide. 
Armes à la main, ils reprirent la route, au sommet d’un rocher ils virent le chat. Sans réfléchir, ils le tuèrent. Le chat roula jusque dans le lac. 

Il est, dit-on, prisonnier des eaux, parfois il se met en colère, son poil se hérisse et provoque à la surface des eaux vertes ces brusques gémissements qui font chavirer les barques.